Le cap psychologique de l’entrée en maison de retraite

Un cap psychologique

Cet « emménagement » que beaucoup craignent arrive de plus en plus tard (85 ans en moyenne contre 80 il y a 25 ans), souvent dans une situation de crise (chute, désorientation chronique, réclusion, épuisement des proches…). Trop tard ? Trop vite ? C’est ce que tentent d’éviter les consultations de pré-admission. Pour Isabelle Kermorgant (psychologue en Ehpad au Perreux) et ses confrères psychologues, il s’agit, en la présence du senior, de déterminer ce qu’il comprend de sa situation actuelle, d’évaluer son «consentement éclairé» ou les ressources (psychologiques) dont il dispose pour s’adapter à la vie en institution.

Un cap familial

« Lors de cette première visite, certains proches utilisent encore le mot de “maison de repos”, ou affirment “c’est du provisoire”, tant ils se sentent culpabilisés de devoir inscrire la personne âgée », ajoute Kermorgant.

Selon Isabelle Palacin, psychanalyste qui a créé parlons-maison-de-retraite.fr, « ce moment permet de réaliser qui veut quoi, pour qui et pourquoi […] et d’aborder peu à peu des questions délicates voire de débusquer une difficulté familiale : rivalité ancienne, problématique œdipienne refoulées peuvent réapparaître». Or tous les écoutants le confirment : même désorientée par un Alzheimer, la personne âgée perçoit très bien l’état émotionnel de ceux qui l’entourent. « Plus les proches seront rassérénées autour d’elle, mieux le processus se déroulera ».

 

Source : Le Figaro, 20 juin 

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