Du plaisir au bout des doigts !

Il y a des initiatives qui invitent à changer de regard sur le quotidien des maisons de retraite. Revenons quelques instants sur un dispositif original, mis en place dans certaines Maisons de Famille : le fingerfood.  Aujourd’hui, Véronique LUC directrice de la maison de famille la Ceriseraie, présente le fingerfood.

 

– Vous avez dit fingerfood ?

Véronique Luc : « Le fingerfood, littéralement « manger avec les doigts » ou « manger main » est une solution de nutrition qui consiste à proposer des repas préparés de façon à pouvoir être mangés et dégustés par nos résidents avec les doigts.

Dans le fingerfood, la nourriture est préparée sous forme de petites bouchées appétissantes, qui permettent à nos équipes de pouvoir mieux répondre aux besoins nutritionnels de nos résidents, en particulier les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.

 

– Quel est le lien avec la maladie d’Alzheimer?

Véronique Luc : « Il s’agit de simplifier la vie des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, d’éviter des situations angoissantes, que la maladie provoque : la personne peut par exemple avoir oubliée l’utilité, l’usage des couverts et, devant une situation d’échec, ne pas se nourrir. En s’alimentant facilement, de manière autonome, avec les doigts, il s’agit de préserver les fonctions résiduelles du malade et de maintenir, jusqu’au bout, cette fonction élémentaire qui est celle de l’alimentation. Pour les équipes c’est une solution contre la dénutrition. Le principe est donc simple : retrouver du plaisir à pouvoir manger par soi-même. Des repas faciles à s’approprier, des formes ludiques alléchantes, ce sont autant de moments de plaisir qu’il faut pouvoir multiplier, des temps qui permettent à la personne âgée de retrouver une certaine autonomie, de manger à son rythme, comme bon lui semble et de rester digne, en s’alimentant le plus longtemps possible par soi-même. »

 

– Comment les résidents s’approprient-il cette manière de s’alimenter?

Véronique Luc : « C’est un dispositif qui est très bien accueillit par les résidents et pour les maisons concernées, nous travaillons sur le développement de nouveau plats, avec toujours plus de couleurs et de saveurs.Un de nos enjeux aujourd’hui est de convaincre les familles du bien fondé et des finalités de cette démarche. Car pour beaucoup, manger avec les doigts est plus synonyme de régression que de prise d’autonomie. Mais les regards commencent à changer et nous y travaillons en informant les familles en amont. »

 

Valérie RIVOIRE et Véronique LUC

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