L’accompagnement des malades atteints d’une Maladie Alzheimer : L’entrée précoce en EHPAD, une chance pour les malades et leurs familles.

Par démence, on entend l’ensemble des détériorations intellectuelles séniles ou préséniles qui se présentent chez une certaine proportion de personnes au cours de leur vieillissement. Elles sont caractérisées par une baisse importante des différentes capacités intellectuelles supérieures telles que la mémoire, la pensée abstraite, le jugement, l’orientation dans le temps et dans l’espace et perturbent gravement l’autonomie du sujet. Les démences séniles de type Alzheimer constituent l’une des formes majeures de démences séniles; les autres formes sont principalement des démences d’origine vasculaire et certaines évolutions de maladies connues.

Données démographiques et épidémiologiques

Les nouvelles données révèlent une inquiétante progression des maladies mentales liées au grand âge sur dix ans. (+30%)

Pour la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées :

1. 18 % des personnes de plus de 75 ans sont atteintes, soit 769 000 personnes en France métropolitaine. On estime à 135 000 nouveaux cas par an. Cette maladie est plus fréquente chez les femmes pour lesquelles le risque de survenue est deux fois plus élevé que chez les hommes après 75 ans. Environ 2/3 de ces malades sont âgés de plus de 85 ans.

2. La fréquence de ces maladies augmente réellement avec l’âge :

  • 6,5 % des personnes entre 75 et 80 ans
  • 47 % des personnes après 90 ans

3. Parmi les autres facteurs de risque, on retiendra le faible niveau d’activités intellectuelles, l’absence de lien social et d’engagement social, l’histoire de vie…

Les lieux de vie :

  • 60 % des malades vivent à domicile
  •  40 % en institution

En revanche pour les formes sévères, les 2/3 vivent en institution, 1/3 à domicile.

Perspectives

Le vieillissement de la population française du fait de l’augmentation continue de l’espérance de vie évoqué plus haut fait que le nombre de personnes subissant une détérioration mentale va aller inéluctablement en s’accroissant.

L’arrivée dans la pharmacopée de molécules anticholinestérasiques actives sur l’évolution des démences d’Alzheimer laisse espérer un soutien à domicile plus prolongé et ce d’autant plus que le diagnostic est porté tôt. Or il est admis que de nombreux patients atteints de maladie d’Alzheimer sont pris en charge à un stade tardif en raison d’une banalisation des troubles.

Les conditions de vie et les conditions environnementales semblent jouer un rôle prépondérant. « Nous vieillissons comme nous avons vécu ». En prévention, une bonne hygiène de vie mentale et corporelle sont fondamentales : maîtriser ses facteurs de risque (tabac, alcool, alimentation, Pression artérielle, cholestérol, diabète..), garder une activité sociale et intellectuelle tout au long de la vie, gérer son stress…)

Quand la maladie est diagnostiquée, il nous faudra maintenir l’autonomie du malade le plus longtemps possible grâce à un environnement adapté en faisant intervenir progressivement tous les professionnels nécessaires pour aider le malade et soutenir sa famille. (auxiliaire de vie, infirmières, kinésithérapeute, orthophoniste…). L’isolement apparaît aujourd’hui comme un facteur majeur de dégradation rapide.

L’entrée précoce en établissement apparaît comme un facteur préventif tant pour le malade (conserver ses capacités restantes le plus longtemps possible, s’adapter à son nouvel environnement) que pour sa famille (prévention de l’épuisement). Grâce à une collaboration entre les professionnels de l’établissement et la présence aimante des familles, c’est une véritable alliance qui se créé pour le plus grand bonheur du malade, de sa famille et des professionnels.

Conclusion

La maladie d’Alzheimer est une maladie multifactorielle. Elle se manifeste au début par des troubles de la mémoire. L’objectif est de diagnostiquer plus précocement la maladie afin de pouvoir préserver les capacités restantes par une approche globale.

Les progrès médicamenteux sont un espoir pour le court terme. Mais il ne faut pas oublier tous les espoirs des traitements non médicamenteux. Le soutien des aidants et l’accompagnement du malade sont fondamentales : aides adaptées à domicile, structures de répit (accueil de jour, hébergement temporaire…), entrée précoce en établissement. Sur le plan psychologique, il nous faudra maintenir une vie de relation jusqu’au bout de la vie. La communication non verbale est encore possible même lorsqu’ils ne communiquent plus par les mots. La communication par les sens lui donnera tout le bonheur de l’instant et confortera ses proches au stade où cette maladie apparaît parfois comme un non-sens.

Docteur Eric Kariger

Directeur médical Groupe Maisons de Famille

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