La nouvelle mission de Jean Léonetti

Jean Léonetti (Antibes, UMP), annonce que sa mission, confiée par le Premier ministre, sera centrée sur la souffrance de toute fin de vie et les conditions de la sédation terminale. Le député d’Antibes (UMP), auteur de la loi actuelle sur la fin de vie votée en 2005, s’est confié à « La Vie ».

Sur l’acquittement du Dr Nicolas Bonnemaison

(…) Personne n’avait envie de le voir aller en prison (…) Il n’est pas question que cela aboutisse à une jurisprudence à pouvoir donner la mort dans la solitude, à des gens qui ne le demandent pas et qui ne souffrent pas, sous prétexte que les familles sont d’accord.

Sur le débat levé par ce procès

Bonnemaison a agi comme on le faisait il y a quarante ans ! (…) J’ai été sidéré de voir cette médecine archaïque [cf. les soutiens de l’accusé], qui n’a jamais appris les soins palliatifs, venir nous dire que donner la mort est compassionnel, et que cela ne relève pas de situations exceptionnelles mais d’une pratique courante ! Moi aussi quand j’étais interne, j’ai vu préparer des cocktails lytiques. (…) Mais aujourd’hui, on n’est pas obligé d’en passer par le curare.

Sur le cadre juridique et son évolution nécessaire

L’une de nos missions, à Alain Claeys et moi, va être de clarifier dans la loi les conditions auxquelles on peut pratiquer la sédation. Il faudra y faire apparaître des critères tels que le caractère imminent de la mort d’une part, et le fait que des traitements se sont avérés inopérants face à des souffrances inapaisables d’autre part. Il faudra aussi déterminer si la sédation est une possibilité, ou un droit opposable du malade, pour s’assurer qu’on ne puisse pas la refuser à celui qui se trouve dans les conditions pour en bénéficier.

Sur les patients qui ne sont plus conscients

(…) On ne connaît pas le degré de souffrance potentielle puisqu’on ne peut plus les interroger pour adapter les traitements. Faut-il les mettre systématiquement sous sédatifs ? Faut-il faire des titrages élevés par précaution ? On a le devoir de garantir aux familles qu’ils ne souffrent pas, mais la question est celle des doses.

(…) Si toute fin de vie est tristesse, elle n’est pas toujours souffrance, et tous les patients ne réclament pas cette double thérapeutique. Il faudra donc qu’on puisse rester dans le cas par cas.

Sur ce que n’est pas sa mission

Nous n’allons pas travailler la question de l’euthanasie ou du suicide assisté ; notre lettre de mission n’en fait même pas état, et je ne l’aurais pas accepté (…) On peut répondre à la question des souffrances en toute fin de vie en décidant de supprimer la phase terminale, ou alors en obligeant les médecins à soulager. Mais en phase terminale, rares sont les malades qui demandent à mourir ; ils demandent à être soulagés ! Alors il nous faut sortir de l’alternative entre « la mort » ou « rien ». Accompagner, ça s’apprend !

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