Quels services à la personne ?

A la faveur des élections municipales s’est reposée la question du soutien politique des services à la personne, révélant de profondes lignes de démarcation.

Les services à la personne, ce sont 1,1 million à 2 millions d’emplois (3 et 5 fois plus que l’industrie automobile). Un secteur identifié comme tel –pragmatisme ou coup de com’ politique ?- en 2005 par la droite, qui déplore aujourd’hui qu’il ne soit pas l’objet d’un soutien plus marqué de la part de la majorité.

Action sociale et/ou/vs. domesticité

Le plan de développement de 2005 a d’abord consisté à regrouper sous un vocable deux types d’activités qui relèvent de deux logiques : l’action sociale pour l’aide à domicile des personnes fragiles, âgées, handicapées… et la domesticité pour les employés de maison. Dans le premier cas, c’est l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) et la prestation de compensation du handicap (PCH) qui financent une partie importante de l’activité. Dans le second, c’est surtout la défiscalisation qui stimule la demande.

Une vraie césure politique

Historiquement organisé par les associations, le « marché » de l’aide à domicile a été progressivement ouvert aux entreprises lucratives, tandis que celui de la domesticité a été stimulé par les dispositifs facilitant le recours à l’emploi direct.

« Soutenir les services à la personne » peut par conséquent emmener l’action sociale et l’emploi dans des sens contraires : vers la réponse à de vrais besoins sociaux ou vers les services de confort d’une minorité…

On le comprend, ce qui se cache derrière l’aseptisé « service à la personne », c’est une vision politiquement marquée de l’action publique. Et c’est bien là qu’on attend le politique.

 

Source : le Monde du 5 mai 2014

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